• CGA bières 2017 : nouvelles catégories ?

    Le concours Général Agricole est un concours reconnu par le grand public

    Mais qu'en est-il au niveau des bières ?

    Comme tout un chacun, lorsque je dois choisir un produit que je connais peu et que je veux être sure de ne pas me tromper, j’ai tendance à me fier aux médailles et récompenses, la médaille du Concours Général Agricole (CGA) étant, en France, parmi les plus connues voire reconnues…

    les bières au Concours Général AgricoleMais ces derniers temps des polémiques ont agité le monde brassicole autour du CGA , et en particulier des catégories consacrées aux bières…

    Ce qui m’a amenée à faire quelques recherches sur les concours brassicoles et leurs catégories.

    Un calcul rapide sur la base des données disponible sur les sites internet de concours internationaux réputés comme le Brussels Beer Challenge*, l’European Beer Star*, ou la World Beer Cup* (identiques à celles du Great American Beer Festival) donne des pourcentages de catégories consacrées aux bières aromatisées compris entre 7 et 10%, donc assez bas).

    Pour le CGA, non content de n’être toujours pas sorti de l’éternel « blanche-blonde-ambrée-… », c’est une autre histoire : Si, en 2016 il y avait 23,5% (4 sur 17) de catégories dédiées aux bières aromatisées -soit déjà plus du double des concours mentionnés ci-dessus - l’ajout de nombreuses catégories en 2017 fait passer ce chiffre à …62% ! (18 sur 29) (sous catégories incluses, la liste 2017 est là : (catégories 2017 p26, 2016 p25 ) )

    Il y aura donc a priori 62% des médailles du CGA 2017 qui récompenseront des bières aromatisées.

    Cette proportion est-elle vraiment représentative de la diversité brassicole française ?

    Certes, historiquement la France brassicole industrielle a été précurseure dans les bières aromatisées aux alcools (Adelscott en 1986, Desperados en 1995, etc) mais cette « innovation »remonte à plus de 20 ans …les bières au Concours Général Agricole

    La réalité du paysage brassicole français avec quasiment 1000 brasseries, une explosion du nombre de microbrasseries au cours des 10 dernières années, et une entrée en force des bières influencées par la révolution microbrassicole étasunienne est tout de même très très loin, en termes de nombre de références-produit, de ce 62% de bières aromatisées…

    Pourtant le CGA s’engage bravement à contre-courant, ménageant une place disproportionnée à des produits qui, s’ils ont sans doute lucratifs pour les industriels, n’en ont pas moins collé, à l’international, à la bière française une image peu glorieuse de bière sucrée et aromatisée. Image que les microbrasseries françaises commencent enfin à pouvoir corriger un petit peu, mais que le CGA semble décidé à ancrer encore plus solidement comme incarnation de la « French Touch ».

    Le risque dans ces conditions est aussi que les brasseurs artisans, déjà sous-représentés à cause des finances d’inscription, se détournent de ce concours, qui a l’air de plus en plus taillé sur mesure pour des bières issues de brasseries industrielles…

    Ce qui ferait que , outre la place disproportionnée donnée aux bières aromatisées, il y aurait en plus de moins en moins de brasseurs artisans parmi les médaillés…

     Si cette modification des catégories du CGA se confirme, sa crédibilité future risque de souffrir. Et pour le consommateur ou la consommatrice perplexe, cela ne va vraiment pas arranger les choses…

    Estelle

    (*ces trois concours ont été mis en avant car ils sont recommandés par l’European Beer Consumers Union (EBCU) car ils offrent des garanties de sérieux aux consommateurs. Cf. ebcu-endorses-the-brussels-beer-challenge/)

    Merci à Laurent Mousson pour son aide rédactionnelle :-)

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